COUP DE GUEULE NET-TEMENT FAIBLISSANT sous forme de lettre ouverte !
Bonjour chère Patronne d'un lieu de festivités situé en Ville de Province
Bourgeoise.
Le jour où j'ai signé le con-promis de vente de la maison que j'attends sans domicile fixe, j'ai souhaité
m'offrir une coupe de Champagne.
Je suis entrée dans votre merveilleux bar-restaurant, un lieu magique tant par ses vieilles pierres que par
les atours dont vous l'avez paré. Limbé de lumières mauves et roses, la féminité toute nuancée du lieu m'a fait instantanément flasher. Séduite, j'ai succombé au charme et n'ai pas lâché ma boîte
à photons.
Me croisant, vous me proposâtes d'exposer les tableaux qui surgiraient d'une inspiration
titillée.
Mais vous refusâtes de me laisser caresser les petites planches de votre estrade pour y faire le clown car,
dans cette VPB, il ne fallait pas tenir des propos politiques… quitte à faire rire.
Les deux sympathiques femmes auxquelles j'avais précédemment parlé m'avaient prévenue: "Une Coluchette à Tout Va Pas
Bien, ça va dégager les canalisations car ici ils sont tous constipés!"
Par ailleurs, effectivement, dans votre bel endroit virtuellement festif, les indigènes mangent le nez dans leur
soupe, la bouche en chapeau de gendarme et l'oeil en biais.
Vous vous plaignîtes que tout le personnel fît la gueule.
Normal, je n'y ai vu que des hommes de la génération massacrée! Dans mon hôtel, l'équipe de femmes est plus
souriante, sauf la gérante qui a du mal à gérer… comme tous ceux qui se sont reconvertis en cette période de récession économique.
Je vous contactai par la suite en vous soumettant mon idée d'exposition en deux phases: la seconde
comprenant ces tableaux qui fument dans ma bouilloire, mais la première incluant quelques crachats ramassés dans la zone de laquelle je m'étais enfuie.
Je n'obtins pas de réponse.
Ayant enfin atterri près de l'espace féérique, je vous sollicitai à nouveau pour un rendez-vous plus précis… mais en trois
mots vous me répondîtes que vous étiez indisponible jusqu'à une non-date.
Voici en substance ce que je vous ai répondu, moi qui suis littéralement submergée par les galères et le
travail:
"Je n'ai même pas encore eu le temps de passer dans le centre de TVPB tant je travaille et ai de problèmes à
régler.
Je pense finalement me rendre plutôt à côté de l'ITVPB car on y mange de bonnes huîtres pour trois francs six sous et
que les serveuses sont simples mais d'une énhaurme gentillesse. Elles sont même hyper rapides à servir car elles savent ce que c'est d'être surmenée.
Pour ma promo en peinture (qui ne me rapportera pas des masses de tunes), édition et prod de mon One Woman Show, je
m'adresse directement aux professionnels parisiens. Je gagnerai ainsi du temps… et peut-être du fric.
Je ne réserve pas dans votre établissement pour le 31Décembre car c'est cher pour ma petite escarcelle je. Je perds
en effet beaucoup d'argent en stagnant à l'hôtel et au garde-meubles à attendre que la DDPE me balance son CU qu'elle retient elle aussi. Comme j'ai une absence de CUL pas bordé de nouilles, je
ne suis pas surprise d'être encore emmerdée par cette zone pas du tout érogène en la circonstance. Je ravale dont ma bile en espérant ne pas avoir la courante à force d'emmagasiner les bouffées
acides et les gaz produits s'échappant de mon système pollué par un environnement nauséabond.
Je passerai éventuellement un jour déguster une coupe ou deux quand le programme musical correspondra à mes
goûts. Votre programme ne m'en a pas encore laissé l'espoir. Pas vraiment éclatant ni inspiré.
Bien cordialement, vous ai-je écrit. La rage au coeur je suis restée polie et bien entendu ne vous pas asséné les si
vilains mots que je viens d'écrire. Votre visage de madone m'avait lui aussi émue. Et dans votre réponse cette fois fort rapide, vous êtes restée digne:
"A votre aise, chère Alice…"
La sérénité et la gentillesse dont vous faites preuve a distillé une douceur digne de la noblesse.
Peut-être n'êtes-vous pas issue de la basse bourgeoise mais de la noblesse ancienne de nos terroirs.
Il me semble qu'il vous en reste des traces.
La duchesse de Berry
Comtesse De B…, je vous adresse mes féminages les plus sincères et espère que nos chemins se croiseront à
nouveau.
Car le jour où je vais signer ce putain de papelard après lequel j'aurai couru le temps d'un marathon pacsé aux
douleurs qu'il engendre, il est certain que j'aurai envie de revenir vers vous déguster quelques bulles pour quitter enfin un peu la terre et m'élever dans vos cieux que je n'ai pas
oubliés.
J'espère alors que vous serez présente et que nos conditions si différentes ne nous empêcheront pas de nous
réconcilier.
Alors les Arts ne nous feront plus de Lézard.
Au Pays des Merveilles d'Alice






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