Des bébés que l’on perd sur le chemin pierreux suivi au fil du temps…
Bébé minuscule dont la tête se coupe du corps. Il devient tout mou, sans consistance.
On le prend puis le repose.
On suffoque sur le point de vouloir disparaître tant l’idée d’un corps sans tête ou d’une tête sans corps semble inimaginable.
On appelle, on hurle. Personne ne nous croît tant cela semble absurde.
Un bébé n’est pas un vers de terre.
On gesticule, on s’affole, on crie encore en implorant tous les Dieux auxquels on n’a jamais cru.
Le corps du bébé alors se rassemble.
Puis il ramollit, se tord et fond en une substance insaisissable.
Le bébé se réduit.
En spasmes légers et torsions subtiles, il se consume lentement jusqu’à disparaître.
Tache d’or et de cuivre lovée dans les couleurs du soleil qui s’éteint dans les extrêmes minutes de ce dernier jour
Personne n’a remarqué ce petit être hésitant et douloureux.
A-t-il existé sinon dans l’esprit et le cœur de sa mère ?
Bébé égaré qui tombe car on n’a pas su le tenir, le serrer contre soi.
Fragilité du bébé dont on n’est pas consciente quand il apparaît au monde.
Etalé sur le sol, il se glisse à travers la poussière et le gravier.
On étouffe avec lui.
Il relève la tête, prend une pierre blanche et trace des signes sur le bitume gris.
Joie et plénitude de réaliser que ce bébé détient déjà le pouvoir d’écrire, avant celui de parler.
On s’effraie encore un soupçon : le choc aurait pu le tuer !
Ce bébé a survécu.
Il se porte bien et est épanoui, voire heureux.
Pourquoi l’un plus que l’autre ?
Leur mère se pose chaque nuit la question.
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Au Pays des Merveilles d'Alice







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