Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 19:48

Non, ce n'est pas un scoop, la violence dans le primaire existe depuis fort longtemps.

J'élargirai juste le champ des acteurs de violences en tous genres. Les élèves sans repères éducatifs créent un climat de malaise au quotidien. Ceux qui estiment ne pas avoir été entendus comme ils le devaient font ensuite intervenir les familles qui en remettent une couche. Si l'enseignant commence à craquer ou à se plaindre, on lui balance la hiérarchie qui termine de le déconsidérer et lui propose de se recycler pour incompétence flagrante. Forts de conseils inapplicables sur le terrain, les inspecteurs et conseillers ont été les premiers à sortir des classes afin de n'avoir plus à supporter une ambiance si lourde et épuisante. Je suis ravie d'avoir appris que 27% des profs souhaitent aller respirer ailleurs qu'à l 'Education Nationale. Que ceux qui les jalousent pour leur soi-disant privilèges s'empressent de prendre leur place avant que les élèves et l'administration ne soient livrés à eux-mêmes.

Peut-être un jour les pédagogogues sauront-ils tenir compte des méthodes utilsiées en Finlande et les politocards leur en donner les moyens?

D'ailleurs, le film: "La Journée de la Jupe" n'est-il pas aujourd'hui le fantasme de tous ces enseignants épuisés et dégoûtés?

                      
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ENFANTS BARBARES couv berger

Source: Blog de l'Orientation

                    
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Lire l'article de Marianne 2:

Sécurité : dans le primaire aussi...

Anna Topaloff - Marianne | Samedi 13 Février 2010 à 05:01 | Lu 6080 fois

Les agressions à l'école se multiplient, contre les profs et entre les élèves. Une violence scolaire qui commence dès l'école primaire.



Sécurité : dans le primaire aussi...
«A 10 ans, certains élèves se comportent déjà comme des petits durs, assure Erika, institutrice dans une banlieue parisienne plutôt tranquille. Ils contestent tout, jurent comme des rappeurs et crachent par terre pour marquer leur désapprobation ». Cette année, elle a un de ces « pré-ado » dans sa classe de CM2. Elle-même ne craint pas spécialement d’être agressée par lui. Si elle s’inquiète, c’est surtout pour les autres élèves. Les filles, d’abord, qu’il « reluque en se tripotant l’entrejambe ». Les garçons plus fragiles, ensuite : « depuis la rentrée, j’ai déjà convoqué trois fois ses parents à cause de bagarres dans la cour. Une fois, un CE1 saignait carrément du nez ! »

La violence n’est pas l’apanage du secondaire. A l’école primaire aussi, elle a fait son apparition. En 2009, la sociologue Cécile Carra a d’ailleurs mené une enquête sur cette question dans différentes écoles (1) et le constat est édifiant. 41% des élèves affirment que quelqu’un (camarades ou adultes) a déjà été violent avec lui et ils sont 28% à reconnaître avoir eu un geste violent. C’est le plus souvent dans la cour de récréation que ces violences ont lieu : 72% contre 12% devant l’école, 4% dans les couloirs et  3% dans la salle de classe.
 
Comme dans le cas d’Erika, les instituteurs sont rarement victimes d’agressions physiques : seuls 0,5% des professeurs interrogés déclarent avoir reçu un coup violent. Le cas de cet élève de CM2 qui, à Meaux, a balancé un coup de poing dans la poitrine de son prof, reste exceptionnel. Mais les incivilités, elles, sont plus fréquentes. Médecin-chef à La Verrière, clinique spécialisée dans les troubles psychiatriques des enseignants, Christophe Lermuzeau l’a constaté : « l’âge des élèves commettant des incivilités (chahut, manque de respect et contestation de l’autorité) a baissé. Il y a quelques années, il était exceptionnel qu’un instituteur s’en plaigne. Aujourd’hui, en consultation, je l’entends régulièrement ». Ainsi, Erika raconte que le « petit dur » de sa classe exprime avec violence son refus de se plier aux règles collectives : un jour qu’elle menaçait de le punir s’il ne se taisait pas, il l’a « regardé droit dans les yeux en disant, « toi, tu me fais pas peur » ».

Des violences psychologiques qui peuvent être épuisantes pour les professeurs, peu préparés à de telles situations. Professeur de Français au collège et auteur d’une grande enquête sur les violences faites aux enseignants, Véronique Bouzou a, cette année, des élèves de 6ème qui se vantent « d’avoir fait pleurer la maîtresse ». Qui doit se demander comment elle en est arrivée là et qui fait sans doute partie des 27% d’enseignants qui songent sérieusement à quitter l’Education Nationale…

(1)    Violences à l’école primaire, Presses Universitaires de France
(2)    Ces profs qu’on assassine, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2009

Par Alice - Communauté : Liberté de penser.
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