Mercredi 28 juillet 2010
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Pourquoi le Di-Antalvic va être interdit
Anna Alter - Marianne | Mercredi 28 Juillet 2010 à 05:01 | Lu 12277 fois
Ce médicament qui allie antalgique et opiacée figure parmi les préférés des Français. Seul hic: il ne fait pas que soulager la douleur, il peut aussi être mortel
en cas de surdosage. Comme beaucoup de médicaments. A cette différence près que le di-Antalvic fait, en plus, très mal à la Sécu puisque, contrairement au banal paracétamol, il est délivré sur
ordonnance et remboursé.
J'avais pourtant connaissance que le Paracétamol était beaucoup utilisé en Angleterre comme molécule permettant de se suicider par
destruction du foie:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Parac%C3%A9tamol#Surdosage_non_volontaire_et_suicide
Ce qui me laisse à penser que nous sommes encore là sur des problèmes économiques et non de santé. Bonjour l'hypocrisie
gouvernementale!
La nouvelle donne d’avance la migraine à tous les accros au Di-Antalvic : d’ici 15 mois, ils ne trouveront plus en pharmacie leur drogue. Les usagers ne
pourront même pas se ravitailler dans les pays voisins, la consommation de l’opiacé présent dans les gélules anti-douleur vient d’être interdite dans toute l’Europe. Après des
années de prescription et une ultime réévaluation du rapport bénéfice-risque, l’Agence européenne du médicaments a décidé retirer du marché tous les produits contenant du
dextropropoxyphène ou DXP- c’est le nom savant de la petite molécule dérivée de la morphine qui deviendra illicite à partir du mois d’Octobre 2011. Sanofi-Aventis l’avait mariée dans les
années 1960 au paracétamol — dont la molécule était tombée dans le domaine public — pour le meilleur et le pire : l’association bienfaisante des deux soulage les
affections douloureuses modérées à intense et, ce faisant, remplit les caisses du laboratoire en vidant celles des assurances maladies, par un effet de vases communicants
classique.
Ajouter un principe actif et quelques excipients à une bonne vieille molécule tombée dans le domaine public est une méthode pour lui donner une seconde vie au
frais de la Sécu. Dans le cas du Di Antalvic l’opération a réussi au-delà de toutes espérances : délivré uniquement sur ordonnance et remboursé depuis 1964, le médicament a des
propriétés antalgiques qui ont séduit les Français. Près de huit millions de nos compatriotes risquent de souffrir de manque quand il sera retiré de la vente. Nous en sommes les plus gros
consommateurs européens et nous représentons 95% des utilisateurs réguliers. Mais d’après des études réalisées après 46 ans de bons et loyaux services, la gélule miraculeuse apporte trop peu
de bénéfices par rapport aux risques de morts par overdoses, volontaires ou accidentelles.
L’aspirine fait des trous dans l’estomac, le Di Antalvic est sans doute un peu moins toxique, mais il creuse le trou de la Sécu…
Par Alice
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